Merci à Valentin notre sympathique paratriathlète pour…

Merci à Valentin notre sympathique paratriathlète pour ce récit détaillé de sa préparation et de son premier triathlon à Bray-Dunes..❤️ Merci bien sûr à Syvain qui a relevé le défi d’être son guide et à Olivier Lyoen notre responsable paratriathlon à la ligue..❤️ Une aventure sportive et humaine formidable, chapeau à tous..🥰 Première réussie… Je

Merci à Valentin notre sympathique paratriathlète pour ce récit détaillé de sa préparation et de son premier triathlon à Bray-Dunes..❤️
Merci bien sûr à Syvain qui a relevé le défi d’être son guide et à Olivier Lyoen notre responsable paratriathlon à la ligue..❤️
Une aventure sportive et humaine formidable, chapeau à tous..🥰

Première réussie…

Je m’appelle Valentin. J’ai 32 ans et suis malvoyant. A l’origine
adepte de la course à pied que je pratique en club depuis très jeune, j’ai décidé de m’orienter vers le triathlon afin d’apporter plus de diversité à mes entraînements et diminuer la charge d’entraînement en course à pied à la suite de problèmes au tendon d’Achille.

J’ai donc intégré le Triathlon Littoral 59 ou j’ai tout de suite été
très bien accueilli et encadré. C’est important à souligner car ça
n’est malheureusement pas toujours le cas, le handisport continue à faire peur et il est parfois difficile de trouver une structure
d’entraînement. Aucun problème au TL59. J’ai tout de suite trouvé des binômes disposés à courir avec moi et apprécie l’esprit d’équipe qui règne dans les lignes de natation. Je n’avais jamais nagé en groupe,
c’est beaucoup plus fun. Les conseils d’Eric pour améliorer ma
technique sont également très précieux.
J’ai d’emblée exprimé ma volonté de m’inscrire à un premier triathlon S, en l’occurrence le triathlon de Bray-Dunes organisé par le club.
750m de natation en mer, 24 km de vélo et 5 km de course à pied.
J’ai très rapidement trouvé un binôme – Sylvain -, qui a tout de suite été emballé par ce défi.
Problème: nous appréhendons tout de suite la difficulté que va
soulever la partie vélo. je n’ai qu’un tandem de ville, absolument pas taillé pour la course. Très lourd, guidon droit, porte-bagages à l’avant et à l’arrière, il ne pourra faire l’affaire qu’en dernier
recours. Nous faisons quelques sorties vélos, ça va mais il faut
lutter pour atteindre une vitesse acceptable. Impossible de performer avec ce tandem, même customisé..

Je commence à prospecter autour de moi afin de trouver une solution de prêt, le problème étant qu’un tandem, a fortiori de course, ça ne court pas les rues. Je regarde les prix à l’achat, impossible, c’est hors budget. On arrive à un mois de la course et je me résous à me préparer à courir avec mon tandem de ville.
En dernier recours, je demande quand même conseil à Olivier Lyoen, avec lequel j’ai échangé plusieurs fois à la piscine Paul Asseman de Dunkerque et qui a toujours des conseils de référence concernant des problématiques handisport. Et le problème est réglé en 5 minutes. La ligue de triathlon des Hauts-de-France a fait financer par l’Agence nationale du sport un tandem pouvant être mis à disposition des paratriathlètes souhaitant débuter. Il peut me l’amener demain si je
le souhaite. Que demander de plus? Même dans mes scénarios les plus optimistes, je n’aurais pas rêvé de ça.
Le lendemain, me voilà donc l’heureux et provisoire possesseur d’un tandem de compétition Duratec, 2 fois plus léger que mon tandem de ville. La différence est saisissante lors de notre premier entraînement. C’est plus le même sport, on a l’impression qu’il surréagit au moindre petit coup de pédale. Chose que je n’aurais pas imaginée possible, on arrive même à suivre sans problème l’allure des sorties du club, et pourtant il y a de sacrés clients.

Arrive donc le jour de la course. Pour moi ça représente quand même unsaut dans l’inconnu, pour Sylvain aussi qui n’a jamais guidé de paratriathlète. Comment allons-nous gérer les transitions? Vais-je tenir le coup sur l’enchaînement des trois disciplines? Contrairement à ce qu’on pourrait penser, je ne suis pas très inquiet pour la nage en mer, j’ai l’habitude d’en faire. Je suis également bien rôdé en course à pied. J’ai davantage d’interrogations sur le vélo, qui est le sport que j’ai le moins bossé. C’est l’inverse pour Sylvain qui adore cette discipline. La suite va me prouver que le triathlon réserve de nombreuses surprises.
C’est parti, nous nous élançons dans l’eau et commençons à nager. J’ai toujours aimé nager en eau libre. Pour une personne déficiente visuelle, c’est l’un des rares endroits où on n’est à peu près sûr de ne pas rencontrer d’obstacle, de mur. L’eau fraîche fouette le visage. On peut allonger les bras sans crainte. Sensation de liberté…. mais retour rapide à la réalité.
Nous sommes liés par les chevilles car nous avons estimé que nous n’avions pas assez l’habitude de nager ensemble pour nous attacher par le poignet, ce qui nécessite une synchronisation assez poussée. Mais la nage en mer liée s’avère une discipline piégeuse. Très difficile de communiquer, le lien se tend souvent, ce qui signifie que nous ne sommes pas synchro. Je n’arrête jamais de nager mais à trois ou quatre reprises, je ne sais plus du tout dans quelle direction aller. Il s’avèrera finalement que nous avons fait 300m de plus que les 750M du parcours.

Nous balançons les combis et enfourchons le tandem. Ca répond bien, nous commençons à rattraper du monde. Sylvain commence à compter les vélos que nous doublons. 15, 20. Super, on est bien.
Pour le coup, c’est mon pilote qui gère le parcours. Moi, je m’allonge sur le guidon et absorbe mon esprit sur l’effort ressenti dans mes jambes et ma respiration au niveau du ventre.
Nous envoyons des watts. Les reliefs du sol défilent à toute vitesse.
Les bruits environnants également. Le vent dans les cheveux est
grisant. Nous finissons très bien le parcours, à 35 km/h de moyenne à ma montre.
J’avais travaillé la transition physiologique vers la course en salle.
Je ne suis donc pas trop déstabilisé par les sensations de jambes de pierre en commençant à courir. Par contre, je n’avais pas anticipé les aléas de la transition en duo.
– Attends, on a oublié la cordelette!
Je me baisse pour la chercher pendant que lui se redresse: boom! Coup de boule. C’est pas grave on enchaîne. On fera croire aux gens qu’on s’est écharpés pendant la course.
Je fais la partie course assez tranquillement. Je sens que Sylvain
accuse un peu le coup après la transition mais a un regain d’énergie sur la deuxième partie du parcours.
Nous terminons finalement en 1h27.06. C’était une super expérience qui ne demande qu’à être renouvelée.

Je remercie chaleureusement la ligue Hauts-de-France et Olivier pour le prêt du tandem. On ne va pas se cacher, l’acquisition d’un
tandem constitue un frein considérable pour un paratriathlète
déficient visuel souhaitant se lancer en triathlon. Le prêt de ce
tandem m’a permis de m’entraîner dans des conditions réellement optimales. Accessoirement, nous avons pris un immense plaisir à rouler

Je tiens également à remercier le club du TL59 qui nous a grandement facilité les transitions, d’une part en nous plaçant à part dans le parc à vélos, d’autre part en me mettant une chaise à disposition pour
me permettre de gérer sereinement la transition.
Enfin, je remercie mes coéquipiers et les spectateurs pour leurs
encouragements nourris tout au long de ma course, particulièrement ma chérie Madison dont les encouragements m’ont donné du baume au cœur.

Prochaine échéance : le triathlon M du lac Vert en Moselle le 23
juillet prochain avec mon pote Richard avec qui j’ai notamment couru
le Marvejols-Mende.


Valentin…

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